Matériels d'antan

Matériels d'antan

Matériels d'antan

 

Matériels d'antan

 

Depuis sa création, il y a vingt cinq ans au début des années 90, l’Association Patrimoine de Barétous est devenue tout naturellement partenaire de la Fête des Bergers. Dans le sillage de M Cazaurang ses créateurs se sont engagés à retrouver, conserver et faire connaître tous les objets ayant été utilisés autrefois qui sont maintenant tombés en désuétude. Qui pouvaient rapidement disparaître, le bois étant très souvent le matériau principal ayant servi à leur conception. Susceptible donc d’une certaine fragilité dans la durée, surtout s’il n’est plus utilisé ni entretenu…

En Vallée de Barétous, où l’activité agricole traditionnelle a toujours été l’élevage, en lien avec la transhumance utilisant les pâturages de montagne, les brebis étaient présentes dans quasiment chaque exploitation. Tout fermier ou un membre de la famille avait une âme de berger et la conduite et le bien-être du troupeau au fil des saisons étaient prépondérants pour tous les choix des travaux, l’utilisation des terres de la propriété. Et aussi pour la gestion des espaces communaux ou valléens selon des règles mûries et élaborées dans un esprit de partage et d’entraide. Peu à peu les communautés se sont formées, les villages se sont structurés. Les paroisses voisines de chaque vallée se sont concertées et accordées pour répartir de façon optimale l’usage des territoires d’altitude permettant d’accueillir des troupeaux à la belle saison. Pendant que dans les prairies libérées s’effectuait la provision de foin indispensable pour nourrir le bétail en hiver.

. La Fête des Bergers, depuis sa création, souhaite mettre en valeur et faire connaître l’authenticité de cette vie pastorale, du lien du berger- éleveur avec ses bêtes. Et la relation privilégiée avec son chien, compagnon à la fidélité indéfectible qui a appris peu à peu à aider son maître dans la conduite des bêtes. Lors du concours de travail sur un lot de brebis qui constitue le moment-phare de la manifestation on ne peut qu’admirer les savoir-faire obtenus par un patient dressage, remarquer la très belle capacité de l’animal à répondre instantanément aux ordres exprimés. Et même, encore mieux, plus fort et beaucoup plus fort, on percevra chez les meilleurs concurrents, la très importante complicité du chien avec son maître. Non, il ne fait pas que répondre aux ordres, ils se connaissent tellement que la bête anticipe, car elle veut, pour le moins faire plaisir à son maître. Il est évident qu’elle l’aime et que c’est réciproque et partagé. C’est d’une caresse affectueuse qu’elle sera récompensée quand elle sera rappelée une fois le travail effectué. Bien, bravo, merci… Dans la vie pastorale traditionnelle cette relation quasi-fusionnelle entre le berger et son chien s’établissait ou pour le moins se renforçait beaucoup lors des mois passés à la cabane en montagne. Le chien aide son maître tout le long de la journée, pendant la traite matinale à l’aube, le parcours de pâturage durant la journée, jusqu’au parquage dans l’enclos au crépuscule. C’est par sa présence et la menace de son autorité que les brebis ou les chèvres seront attentives aux injonctions du pâtre. Le chien a entendu et bien compris ce qui était demandé, de lui-même il est prêt à réagir pour le faire exécuter. C’est grâce à lui que le berger est écouté. Que de pas économisés, que de temps gagné ! Et puis, tous ces moments partagés dans la solitude ! Au- delà de l’auxiliaire indispensable et son rôle irremplaçable pour le travail, le chien est le confident compréhensif des instants d’inquiétude, de lassitude, de découragement parfois. Mais surtout le partenaire sans lequel rien ne serait possible. En rentrant à la cabane, le soir, besogne terminée, le berger exprimera sa satisfaction par une attitude bienveillante, un mot, une caresse. Et il y aura en retour le frétillement affectueux, riche de toute la confiance reçue, et accordée, par le fidèle compagnon. Le jour de la fête, c’est un rôle assez inhabituel pour le berger et son chien que de conduire le troupeau en tête du défilé dans les rues du village d’Aramits, au milieu des rangs serrés de la foule de spectateurs bruyants. Suivi par les groupes de chanteurs et danseurs traditionnels, puis les attelages et les vieux tracteurs hors d’âge tirant les outils avec lesquels on travaillait à la ferme à leur époque. Tous ces outils étaient employés pour les travaux liés aux cultures avec les attelages de vaches présents dans chaque exploitation. Braves vaches ! On ne leur demandait « que » de donner leur lait, un veau en principe chaque année, et leur travail presque chaque jour… Dans les fermes assez cossues pouvant se le permettre on trouvait une paire de bœufs. Là, pas de veau, pas de lait, mais une puissance de travail bien meilleure… et bien du soulagement pour les vaches de la maison, seulement sollicitées en renfort. A la place des bœufs il n’était pas rare de trouver des attelages de mulets, ou quelquefois même de chevaux, appareillés aussi par deux avec un joug spécial adapté à leurs colliers. Leur rapidité supérieure au travail étant particulièrement appréciée au-delà de leur puissance. Leur force permettait aussi d’utiliser individuellement les montures pour beaucoup de travaux : traction de toutes sortes de traîneaux (fumier, fourrage, litière, bois…), de herses, de bineuses et sarcloirs, débardages divers. Plus des portages sur les petits chemins escarpés et étroits menant à certaines parcelles pour transporter fumure ou fourrage dans des sacs ou des draps solides bien arrimés à un bât sur leur dos. Ou encore sur les sentiers de montagne pour le ravitaillement hebdomadaire du berger et la descente des fromages. En complément des ânes, très sûrs et appréciés pour porter toutes sortes de charges. Pendant très longtemps, l’aménagement et l’exploitation de nos territoires ont été basés sur le travail physique des personnes, hommes et femmes utilisant un outillage manuel adapté aux diverses tâches. Fabrication du fromage, cuisine, tissage, travail du bois et de la pierre, tous les objets usuels utilisés sont présentés de façon remarquable à la maison du Barétous à Arette. Pastoralisme, spéléologie, sismologie, émigration… l’âme du pays s’y perçoit à travers une très riche exposition qui mérite le détour. Les outils utilisés avec les attelages sont venus soulager beaucoup de travaux jusque là accomplis manuellement. L’Association Patrimoine veut conserver tous ces outils que nos parents et grands parents ont été si fiers de pouvoir acquérir et utiliser. La Fête des Bergers, reflet de notre vie valléenne traditionnelle, essentiellement pastorale, est pour nous l’occasion de montrer, avec ces matériels retrouvés, la farouche et constante volonté de progrès qui a prévalu dans une longue continuité pour l’aménagement et le développement de notre « pays ».